法语阅读—萨科奇就职演说法文原稿
Nicolas Sarkozy est arrivé au Palais de l’Élysée pour la cérémonie de passation des pouvoirs avec Jacques Chirac. Le président sortant a accueilli son successeur sur le perron, conformément au rituel républicain. Ils se sont serré la main pour les photographes. Les deux hommes se sont ensuite isolés dans le bureau présidentiel au premier étage pour l’entretien de passation des pouvoirs.
Cet entretien est traditionnellement l’occasion d’évoquer quelques dossiers en cours. Jacques Chirac doit confier à Nicolas Sarkozy les codes de l’arme nucléaire. A l’issue de cet entretien d’une demi-heure environ, Nicolas Sarkozy raccompagnera Jacques Chirac sur le perron. Le président sortant quittera alors l’Élysée à bord de sa Citroën C6, mise à sa disposition par la République. Il gagnera son nouvel appartement du Quai Voltaire dans le VIIe arrondissement, prêté par la famille de son ami feu le Premier ministre libanais Rafic Hariri.
Nicolas Sarkozy se rendra ensuite dans le salon des ambassadeurs, où le général Jean-Pierre Kelche, grand chancelier de la Légion d’Honneur, lui remettra les insignes de Grand-Croix de l’ordre national. La cérémonie se poursuivra dans la salle des fêtes. Le président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré proclamera les résultats de l’élection présidentielle. Le général Kelche lui présentera le collier de Grand-maître de l’ordre de la Légion d’Honneur. Nicolas Sarkozy prononcera alors son premier discours de président.
Au même moment, une salve de 21 coups de canon sera tirée depuis l’Hôtel national des Invalides. A la fin de la cérémonie, le nouveau président se rendra dans le parc pour passer en revue un détachement des trois armées et de la Garde républicaine dans les jardins de l’Elysée. Après un déjeuner privé à l’Élysée, Nicolas Sarkozy remontera vers 14h les Champs-Élysées en voiture découverte jusqu’à la place de l’Étoile pour déposer une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu. Il redescendra ensuite l’avenue pour deux dépôts de gerbe au pied des statues du général de Gaulle et de Georges Clemenceau.
Dans un geste plus personnel, le nouveau président se rendra à 15h à la grande cascade du Bois de Boulogne pour honorer la mémoire des 35 jeunes résistants qui y furent fusillés par les Allemands le 16 août 1944.
Allocution de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, à l’occasion de la cérémonie d’installation
Mesdames et Messieurs,
En ce jour où je prends officiellement mes fonctions de Président de la République française, je pense à la France, ce vieux pays qui a traversé tant d’épreuves et qui s’est toujours relevé, qui a toujours parlé pour tous les hommes et que j’ai désormais la lourde tâche de représenter aux yeux du monde.
Je pense à tous les Présidents de la Ve République qui m’ont précédé.
Je pense au Général De Gaulle qui sauva deux fois la République, qui rendit à la France sa souveraineté et à l’Etat sa dignité et son autorité.
Je pense à Georges Pompidou et à Valéry Giscard d’Estaing qui, chacun à leur manière, firent tant pour que la France entrât de plain-pied dans la modernité.
Je pense à François Mitterrand, qui sut préserver les institutions et incarner l’alternance politique à un moment où elle devenait nécessaire pour que la République soit à tous les Français.
Je pense à Jacques Chirac, qui pendant douze ans a œuvré pour la paix et fait rayonner dans le monde les valeurs universelles de la France. Je pense au rôle qui a été le sien pour faire prendre conscience à tous les hommes de l’imminence du désastre écologique et de la responsabilité de chacun d’entre eux envers les générations à venir.
Mais en cet instant si solennel, ma pensée va d’abord au peuple français qui est un grand peuple, qui a une grande histoire et qui s’est levé pour dire sa foi en la démocratie, pour dire qu’il ne voulait plus subir. Je pense au peuple français qui a toujours su surmonter les épreuves avec courage et trouver en lui la force de transformer le monde.
Je pense avec émotion à cette attente, à cette espérance, à ce besoin de croire à un avenir meilleur qui se sont exprimés si fortement durant la campagne qui vient de s’achever.
Je pense avec gravité au mandat que le peuple français m’a confié et à cette exigence si forte qu’il porte en lui et que je n’ai pas le droit de décevoir.
Exigence de rassembler les Français parce que la France n’est forte que lorsqu’elle est unie et qu’aujourd’hui elle a besoin d’être forte pour relever les défis auxquels elle est confrontée.
Exigence de respecter la parole donnée et de tenir les engagements parce que jamais la confiance n’a été aussi ébranlée, aussi fragile. Exigence morale parce que jamais la crise des valeurs n’a été aussi profonde, parce que jamais le besoin de retrouver des repères n’a été aussi fort.
Exigence de réhabiliter les valeurs du travail, de l’effort, du mérite, du respect, parce que ces valeurs sont le fondement de la dignité de la personne humaine et la condition du progrès social.
Exigence de tolérance et d’ouverture parce que jamais l’intolérance et le sectarisme n’ont été aussi destructeurs, parce que jamais il n’a été aussi nécessaire que toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté mettent en commun leurs talents, leurs intelligences, leurs idées pour imaginer l&am